Le second volet du double colloque « La place de l’intervention dans une acquisition des compétences en interaction. Le cas du FLE. » a pour thématique l’enseignement des structures langagières en français langue étrangère.Le champ d’investigation du colloque concernera les questions suivantes : Quels sont les rôles de l’enseignant et celui de l’outil didactique dans la mise en place de l’acquisition des structures ? Plus généralement, quel est le rôle de l’interaction dans l’appropriation des structures langagières ? Quelle pourrait être la relation entre l’enseignement et la maîtrise du code linguistique ? Peut-on envisager une interface entre l’instruction et la mise en place progressive de la compétence linguistique ? Quelle progressivité linguistique dans une optique de construction pas à pas de la grammaire intériorisée de l’apprenant ? Si l’on place cette problématique dans la perspective des méthodologies de l’enseignement des langues, le champ du FLE a subi l’influence des approches communicatives-fonctionnelles des années ‘70-‘80. L’accent s’est mis sur l’apprentissage des notions sémantiques et des fonctions communicatives et pragmatiques de la langue. L’instruction explicite des formes et des règles grammaticales a du céder la place à l’interaction orale et spontanée promouvant une acquisition plutôt implicite des règles de fonctionnement de la langue. Cependant, durant la dernière décennie, l’approche communicative a été questionnée. En particulier, on a critiqué l’attitude de “laissez-faire-laissez-passer” quant à la précision et à la correction formelle. En réaction à cette attitude, il y a eu, depuis les années ’80, ce que l’on appelé le retour de la grammaire et des activités qui y sont liées dans la classe de FLE (voir Coste D., Langue française, 68, 1985: 5-16). A ce jour, en didactique, la méthodologie pour l’enseignement de la/des formes en FLE est plutôt éclectique. On peut se demander, de façon générale, quel a été l’impact des approches communicatives et des approches antérieures à celles-ci sur l’enseignement des structures langagières en FLE ? Les contenus des outils, comme les manuels et les grammaires, ont-ils évolué ? Et, sur le plan des pratiques, par quels moyens didactiques est-ce que l’enseignant tente, actuellement, de transmettre les constituants linguistiques de la compétence langagière (= l’apprentissage des constructions syntaxiques, des unités morphologiques, des réseaux lexicaux, etc.)? Ce colloque invite les chercheurs et les praticiens à réfléchir à cette double problématique. Un atelier de réflexion plus ciblé sera organisé dans le cadre du second axe: “Quelle grammaire pour le FLE aujourd’hui?”A un niveau plus précis et ciblé sur la grammaire, la question se pose de savoir quel a été le réinvestissement de la grammaire après les approches communicatives ? Sur les plans des méthodologies et des discours grammaticaux : s’agit-il de contenus grammaticaux traditionnels, et des mêmes activités les accompagnant? Ou a-t-on constaté des changements, des évolutions dans les outils et les pratiques relatifs à l’enseignement de la grammaire ?
Comité scientifique : Jean-Claude Beacco (Université de la Sorbonne Nouvelle Paris), Michel Berré (Université de Mons-Hainaut), Jean Pierre Cuq (l’Université de Nice-Sophia Antipolis), Damar Marie-Eve (Université Libre de Bruxelles), Jean-Marc Defays (Université de Liège), Anne-Rosine Delbart (Université Libre de Bruxelles), Piet Desmet (Université de Louvain), Danielle Flament-Boistrancourt (Université de Paris X), Pascale Hadermann (Université de Gand), Florence Myles (Université de Newcastle), Myriam Piccaluga (Université de Mons-Hainaut), Daniel Véronique (Université de Paris 3), Gérard Vigner (Académie de Versailles).
- Alby, S., Développement de la compétence métalinguistique en contexte scolaire plurilingue
- Allam S., Les manuels de FLE se mettent-ils au goût du jour ?
- Al-Khatib M., Faut-il ignorer complètement la grammaire explicite en FLE ?
- Aguerre S., Grammaire de l’apprenant et explicitation : quand apprendre, c’est se construire des représentations, à partir de corpus et d’instruments + schema
- Beacco J.-C., La « question de la grammaire » dans l’enseignement du français comme langue étrangère : nouveaux contextes, nouvelles perspectives
- Bellachhab A., Marie V., Galatanu O., Quelle place pour les injonctions dans le discours didactique? Explicitation grammaticale et/ou communication pour l’enseignement de l’injonctif en FLE
- Boutin F., Outil d’investigation des mécanismes cognitifs soutenant l’activité pédagogique de l’enseignant/e de FLE
- Calas F., Rossi-Gensane N., Les discours grammaticaux, changement ou déguisement?
- Canelas-Trevisi S., Les objets grammaticaux et les pratiques en classe de FLE
- Cavalla C., Propositions didactiques pour l’enseignement d’éléments phraséologiques en FLE
- Cilianu-Lascu, Pour une grammaire pédagogique destinée aux étudiants roumains
- Cuet Ch., La représentation de l’espace et la description d’itinéraires : une comparaison interlinguistique / interculturelle entre le français et le chinois, perspectives didactiques
- Cuq J.-P., Approche actionnelle et évaluation de la compétence grammaticale
- Damar M.-E., La valeur d’applicabilité d’une théorie linguistique
- Defays J.-M., Heurs et malheurs de la grammaire en didactique des langues étrangères :redéfinitions, restructurations, réorientations
- Delahaie J., La grammaire du français parlé en classe de FLE, un problème d’enseignement ou un problème de contenu?
- Delbart A.-R., Quelles démarches et finalités pédagogiques d’un processus de « grammaire instructionnelle » pour la classe de FLE?
- Demeulenaere A., Hadermann P., La scénographie des environnements d’apprentissage électroniques, une étude de cas en FLE
- Faraco M., Gestes et prosodie didactique dans l’enseignement des structures langagières en FLE
- Fracchiolla B., Anthropologie de la communication, aborder l’enseignement du féminin en FLE. Loi du genre et féminisation des noms de métiers
- Goes J., Quelle grammaire en classe de FLE?
- Granget C., Quelques éléments d’acquisition pour appréhender le discours rapporté dans l’enseignement du FLE
- Heranic T., Construction du sens discursif et cinétisme de la signification lexicale
- Howard M., Sur le rôle de l’enseignement grammatical après un long séjour en milieu naturel : une étude préliminaire d’apprenants avancés du français L2 + tableau
- Jagielska D., Approximations sémantiques chez les apprenants du FLE : le cas des verbes en polonais
- Kemps N., Housen A., Pierrard M., Instruction grammaticale et stabilisation de la morphologie verbale : l’accord sujet-verbe à la 3ième personne
- Pescheux M., L’article défini en français et l’anaphore associative, de la théorie linguistique à la didactique (et vice-versa) en formation d’enseignant de FLE/S en France
- Plas M., Lavanant D., De l’intérêt de baser une progression sur l’acquisition du système linguistique : l’exemple d’un public de niveau A2
- Rançon J., Dat M.-A., Une association de dispositifs didactiques; Pour une meilleure mémorisation du lexique en LE
- Van Daele S., Housen A., Pierrard M., Fluidité, précision et complexité dans l’appropriation et l’enseignement d’une L2
- Vigner G., Quelle grammaire? Pour quel public?
- Table Ronde
Le second volet du double colloque « La place de l’intervention dans une acquisition des compétences en interaction. Le cas du FLE. » a pour thématique l’enseignement des structures langagières en français langue étrangère.Le champ d’investigation du colloque concernera les questions suivantes : Quels sont les rôles de l’enseignant et celui de l’outil didactique dans la mise en place de l’acquisition des structures ? Plus généralement, quel est le rôle de l’interaction dans l’appropriation des structures langagières ? Quelle pourrait être la relation entre l’enseignement et la maîtrise du code linguistique ? Peut-on envisager une interface entre l’instruction et la mise en place progressive de la compétence linguistique ? Quelle progressivité linguistique dans une optique de construction pas à pas de la grammaire intériorisée de l’apprenant ? Si l’on place cette problématique dans la perspective des méthodologies de l’enseignement des langues, le champ du FLE a subi l’influence des approches communicatives-fonctionnelles des années ‘70-‘80. L’accent s’est mis sur l’apprentissage des notions sémantiques et des fonctions communicatives et pragmatiques de la langue. L’instruction explicite des formes et des règles grammaticales a du céder la place à l’interaction orale et spontanée promouvant une acquisition plutôt implicite des règles de fonctionnement de la langue. Cependant, durant la dernière décennie, l’approche communicative a été questionnée. En particulier, on a critiqué l’attitude de “laissez-faire-laissez-passer” quant à la précision et à la correction formelle. En réaction à cette attitude, il y a eu, depuis les années ’80, ce que l’on appelé le retour de la grammaire et des activités qui y sont liées dans la classe de FLE (voir Coste D., Langue française, 68, 1985: 5-16). A ce jour, en didactique, la méthodologie pour l’enseignement de la/des formes en FLE est plutôt éclectique. On peut se demander, de façon générale, quel a été l’impact des approches communicatives et des approches antérieures à celles-ci sur l’enseignement des structures langagières en FLE ? Les contenus des outils, comme les manuels et les grammaires, ont-ils évolué ? Et, sur le plan des pratiques, par quels moyens didactiques est-ce que l’enseignant tente, actuellement, de transmettre les constituants linguistiques de la compétence langagière (= l’apprentissage des constructions syntaxiques, des unités morphologiques, des réseaux lexicaux, etc.)? Ce colloque invite les chercheurs et les praticiens à réfléchir à cette double problématique. Un atelier de réflexion plus ciblé sera organisé dans le cadre du second axe: “Quelle grammaire pour le FLE aujourd’hui?”A un niveau plus précis et ciblé sur la grammaire, la question se pose de savoir quel a été le réinvestissement de la grammaire après les approches communicatives ? Sur les plans des méthodologies et des discours grammaticaux : s’agit-il de contenus grammaticaux traditionnels, et des mêmes activités les accompagnant? Ou a-t-on constaté des changements, des évolutions dans les outils et les pratiques relatifs à l’enseignement de la grammaire ?
Parmi les approches de l’acquisition des langues étrangères ou secondes, les approches qui privilégient la compétence de communication au travers l’étude de l’influence des facteurs liés au contexte socio – culturel et situationnel sur l’apprentissage sont indéniablement nombreuses et trouvent leur source dans les développements :- des théories pragmatiques en linguistique (théorie des actes de langage, théories de l’interaction, théories du discours), d’une part, et- des démarches constructivistes pour expliquer l’apprentissage et le développement des compétences et des savoirs, d’autre part.Ces deux sources auraient suffi à elles seules à bouleverser la programmation de l’acte didactique et à faire surgir dans les années soixante-dix, les méthodes communicatives fonctionnelles dans l’enseignement des langues.D’autres influences, celles de la sociolinguistique, de l’ethnographie de la communication, par exemple, se font sentir dans la réorientation même du processus d’enseignement apprentissage vers des objectifs nouveaux .Deux concepts deviennent prioritaires pour l’enseignement des langues étrangères et/ou secondes :- celui de contexte, qu’il s’agisse du contexte de l’acte didactique (scolaire) ou du contexte socio – culturel dans lequel l’acte didactique prend place (Faerch & Kasper, 1985, Pekarek & Martinez, 2000, Pekarek, 2002, 2005, Porquier & Py, 2004, Collentine & Freed, 2004), et- le concept de compétence pragmatique qui renvoie aux savoir-faire et aux savoir- être langagiers posés comme principal objectif des méthodes de langue étrangère ou seconde et qui va ainsi réinterroger la définition même de la performance langagière et son évaluation, et remettre en cause des notions comme « erreur grammaticale », pour proposer, par exemple, celle d’ « interlangue ».La production du sens, fluide et pertinente, devient objet d’étude et de mesure de la compétence communicative, ipso facto linguistique, en lien avec le l’analyse du contexte (Collentine & Freed, 2004), à travers : (1) l’analyse des liens entre le contexte « instructionnel » / « éducationnel » et les mécanismes qui sous-tendent l’acquisition des propriétés formelles de la langue étrangère et plus précisément, l’influence des facteurs curriculaires sur le processus d’apprentissage de la langue (Housen & Pierrard, 2005);(2) l’analyse des liens entre le contexte socio – culturel dans lequel l’enseignement des langues étrangères prend place et le contexte instructionnel proposé ;(3) l’analyse des liens entre le contexte socio – culturel de l’enseignement et les motivations et représentations qu’ont les apprenants de la langue et de son apprentissage, d’une part, et d’autre part, des liens entre ces motivations et représentations et les mécanismes cognitifs de l’acquisition de la langue (Jordan, 2004, Pekarek, 1995, Reagan & Bayley, 2004) ;(4) l’analyse des liens entre le contexte instructionnel et les mécanismes de l’acquisition du lexique (Kaspar & Kellerman, Read, 1995, Myles, 1995) ;(5) l’analyse des liens entre le contexte instructionnel et l’acquisition de l’usage « heureux » et pragmatiquement pertinent des structures signifiantes en langue étrangère/seconde (Coste, 2002, Howard, 2002, Pekarek, 2004).Le but de ce colloque est de réinterroger tous ces liens, en essayant de centrer la réflexion sur le processus de construction du sens discursif et l’acquisition des significations linguistiques, lexicales, bien sûr, mais pas seulement.Dans le cadre de cette thématique générale, une section d’ateliers présentera un aspect des recherches dans le domaine de l’acquisition des langues étrangères et secondes, développé dans le cadre du programme CAPSA – Lang (L’acquisition des compétences argumentatives pragmatique et sémantique), proposé par le SAD (IRFFLE & CERCI) : celui de l’acquisition du potentiel argumentatif des significations lexicales et des liens entre la compétence sémantique et la compétence pragmatique. Des perspectives complémentaires sur ce thème seront présentées dans deux ateliers par les participants au programme CAPSA – Lang et des conférenciers invités.