Colloque international organisé par :
CRLA de l’Université de Moncton,
CoDiRe – CERCI EA 3824 & IRFFLE de l’Université de Nantes &
la plateforme GRAMM-R
Premier volet : « Sens et signification dans les espaces francophones »
Le mot « francophonie » renvoie pour le moins à trois classes de « faits humains et sociaux », qui en tant que tels sont promus au rang d’«observables » et traités comme tels par plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales : les sciences du langage, bien sûr, la sociolinguistique, l’histoire, la sociologie, les sciences politiques, les disciplines qui étudient les littératures et les cultures, etc. On retrouve dans des discours scientifiques (qui distinguent ces trois champs référentiels et cherchent à faire apparaître les liens qui existent entre eux) :
- l’ensemble des communautés linguistiques qui parlent français, comme langue première ou seconde,
- les individus qui ont appris à parler français comme langue étrangère et qui le parlent en situations particulières (par exemple, pour faire des études dans un pays francophone ou pour participer à la diffusion de la langue et de la culture françaises dans leur pays non francophone),
- les différents mouvements politiques et sociaux qui, en utilisant plusieurs registres d’action et plusieurs cadres de référence, cherchent à donner au facteur linguistique un sens politique et notamment, l’organisation internationale créée en 1970, qui réunit à l’heure actuelle 75 Etats et gouvernements, dont 56 membres et 19 observateurs, institution désignée par le mot Francophonie, avec un « F» majuscule.
Mais on retrouve ces « espaces francophones » également et surtout dans les discours : politiques et institutionnels, dans les discours médiatiques, dans les discours des acteurs de la « Francophonie », dans les discours quotidiens des francophones.
Et c’est dans et par ces discours que les espaces d’action et de pensée de la francophonie et de la Francophonie, comme tous les faits humains et sociaux sont aussi et le restent, malgré leur promotion au statut d’« observables », « le produit de constructions interprétatives », pour reprendre l’expression de Rastier (Rastier, 2004: 4), et en tant que tels, des lieux de construction de soi (comme appartenant à l’espace francophone) et de l’autre (une altérité nécessaire au dialogue d’échange et d’affirmation d’un système de valeurs). Cette construction identitaire à travers les discours des acteurs sociaux appartenant à l’espace francophone fait l’objet de nombreuses recherches en sciences politiques, en sociologie, en histoire des cultures et en analyse linguistique du discours et commencent à faire l’objet d’analyses sémantiques.
Le but de ce colloque en trois volets est précisément d’envisager :
- la part de l’héritage historique et du présent géo-politique dans la construction des identités francophones et des espaces francophones,
- et la part de la construction discursive de soi et du monde dans le vécu par les communautés francophones de leur identité et de leur altérité linguistique et culturelle dans la diversité de leurs contextes.
Annette Boudreau & Olga Galatanu
Université de Moncton Université de Nantes
- Le premier volet de ce double colloque, intitulé « Sens et signification dans les espaces francophones », se déroulera à Nantes du 19 au 21 avril 2012.
Calendrier et informations pratiques :
Lancement de l’appel : le 20 juin 2011
Date limite pour la soumission des propositions de communication : le 10 octobre 2011
Communication des décisions du comité scientifique : le 15 octobre 2011
Les propositions de communication (titre et résumé ne dépassant pas 2000 signes bibliographie comprise) devront être adressées sous présentation anonyme en attachement à un courriel spécifiant nom, affiliation de l’auteur de même que le titre de la communication, à l’adresse du secrétariat du colloque : colloque.codire.irffle(AT)univ-nantes(POINT)fr
- Le deuxième volet sera organisé à Moncton, en octobre 2012.
- Un troisième colloque est prévu autour de la thématique générale de ce double colloque, en octobre 2013, à Bruxelles. Ce troisième colloque sera organisé dans le cadre de la plateforme internationale de recherche GRAMM-R, par Vrije Universiteit Brussel, l’Université Libre de Bruxelles, l’Université de Liège et l’Université de Nantes.
Veuillez trouver dans ce qui suit l’appel à communications pour le premier volet de ce colloque, « Sens et signification dans les espaces francophones », organisé du 19 au 21 avril 2012, à Nantes.
Le second volet du double colloque « La place de l’intervention dans une acquisition des compétences en interaction. Le cas du FLE. » a pour thématique l’enseignement des structures langagières en français langue étrangère.Le champ d’investigation du colloque concernera les questions suivantes : Quels sont les rôles de l’enseignant et celui de l’outil didactique dans la mise en place de l’acquisition des structures ? Plus généralement, quel est le rôle de l’interaction dans l’appropriation des structures langagières ? Quelle pourrait être la relation entre l’enseignement et la maîtrise du code linguistique ? Peut-on envisager une interface entre l’instruction et la mise en place progressive de la compétence linguistique ? Quelle progressivité linguistique dans une optique de construction pas à pas de la grammaire intériorisée de l’apprenant ? Si l’on place cette problématique dans la perspective des méthodologies de l’enseignement des langues, le champ du FLE a subi l’influence des approches communicatives-fonctionnelles des années ‘70-‘80. L’accent s’est mis sur l’apprentissage des notions sémantiques et des fonctions communicatives et pragmatiques de la langue. L’instruction explicite des formes et des règles grammaticales a du céder la place à l’interaction orale et spontanée promouvant une acquisition plutôt implicite des règles de fonctionnement de la langue. Cependant, durant la dernière décennie, l’approche communicative a été questionnée. En particulier, on a critiqué l’attitude de “laissez-faire-laissez-passer” quant à la précision et à la correction formelle. En réaction à cette attitude, il y a eu, depuis les années ’80, ce que l’on appelé le retour de la grammaire et des activités qui y sont liées dans la classe de FLE (voir Coste D., Langue française, 68, 1985: 5-16). A ce jour, en didactique, la méthodologie pour l’enseignement de la/des formes en FLE est plutôt éclectique. On peut se demander, de façon générale, quel a été l’impact des approches communicatives et des approches antérieures à celles-ci sur l’enseignement des structures langagières en FLE ? Les contenus des outils, comme les manuels et les grammaires, ont-ils évolué ? Et, sur le plan des pratiques, par quels moyens didactiques est-ce que l’enseignant tente, actuellement, de transmettre les constituants linguistiques de la compétence langagière (= l’apprentissage des constructions syntaxiques, des unités morphologiques, des réseaux lexicaux, etc.)? Ce colloque invite les chercheurs et les praticiens à réfléchir à cette double problématique. Un atelier de réflexion plus ciblé sera organisé dans le cadre du second axe: “Quelle grammaire pour le FLE aujourd’hui?”A un niveau plus précis et ciblé sur la grammaire, la question se pose de savoir quel a été le réinvestissement de la grammaire après les approches communicatives ? Sur les plans des méthodologies et des discours grammaticaux : s’agit-il de contenus grammaticaux traditionnels, et des mêmes activités les accompagnant? Ou a-t-on constaté des changements, des évolutions dans les outils et les pratiques relatifs à l’enseignement de la grammaire ?
Parmi les approches de l’acquisition des langues étrangères ou secondes, les approches qui privilégient la compétence de communication au travers l’étude de l’influence des facteurs liés au contexte socio – culturel et situationnel sur l’apprentissage sont indéniablement nombreuses et trouvent leur source dans les développements :- des théories pragmatiques en linguistique (théorie des actes de langage, théories de l’interaction, théories du discours), d’une part, et- des démarches constructivistes pour expliquer l’apprentissage et le développement des compétences et des savoirs, d’autre part.Ces deux sources auraient suffi à elles seules à bouleverser la programmation de l’acte didactique et à faire surgir dans les années soixante-dix, les méthodes communicatives fonctionnelles dans l’enseignement des langues.D’autres influences, celles de la sociolinguistique, de l’ethnographie de la communication, par exemple, se font sentir dans la réorientation même du processus d’enseignement apprentissage vers des objectifs nouveaux .Deux concepts deviennent prioritaires pour l’enseignement des langues étrangères et/ou secondes :- celui de contexte, qu’il s’agisse du contexte de l’acte didactique (scolaire) ou du contexte socio – culturel dans lequel l’acte didactique prend place (Faerch & Kasper, 1985, Pekarek & Martinez, 2000, Pekarek, 2002, 2005, Porquier & Py, 2004, Collentine & Freed, 2004), et- le concept de compétence pragmatique qui renvoie aux savoir-faire et aux savoir- être langagiers posés comme principal objectif des méthodes de langue étrangère ou seconde et qui va ainsi réinterroger la définition même de la performance langagière et son évaluation, et remettre en cause des notions comme « erreur grammaticale », pour proposer, par exemple, celle d’ « interlangue ».La production du sens, fluide et pertinente, devient objet d’étude et de mesure de la compétence communicative, ipso facto linguistique, en lien avec le l’analyse du contexte (Collentine & Freed, 2004), à travers : (1) l’analyse des liens entre le contexte « instructionnel » / « éducationnel » et les mécanismes qui sous-tendent l’acquisition des propriétés formelles de la langue étrangère et plus précisément, l’influence des facteurs curriculaires sur le processus d’apprentissage de la langue (Housen & Pierrard, 2005);(2) l’analyse des liens entre le contexte socio – culturel dans lequel l’enseignement des langues étrangères prend place et le contexte instructionnel proposé ;(3) l’analyse des liens entre le contexte socio – culturel de l’enseignement et les motivations et représentations qu’ont les apprenants de la langue et de son apprentissage, d’une part, et d’autre part, des liens entre ces motivations et représentations et les mécanismes cognitifs de l’acquisition de la langue (Jordan, 2004, Pekarek, 1995, Reagan & Bayley, 2004) ;(4) l’analyse des liens entre le contexte instructionnel et les mécanismes de l’acquisition du lexique (Kaspar & Kellerman, Read, 1995, Myles, 1995) ;(5) l’analyse des liens entre le contexte instructionnel et l’acquisition de l’usage « heureux » et pragmatiquement pertinent des structures signifiantes en langue étrangère/seconde (Coste, 2002, Howard, 2002, Pekarek, 2004).Le but de ce colloque est de réinterroger tous ces liens, en essayant de centrer la réflexion sur le processus de construction du sens discursif et l’acquisition des significations linguistiques, lexicales, bien sûr, mais pas seulement.Dans le cadre de cette thématique générale, une section d’ateliers présentera un aspect des recherches dans le domaine de l’acquisition des langues étrangères et secondes, développé dans le cadre du programme CAPSA – Lang (L’acquisition des compétences argumentatives pragmatique et sémantique), proposé par le SAD (IRFFLE & CERCI) : celui de l’acquisition du potentiel argumentatif des significations lexicales et des liens entre la compétence sémantique et la compétence pragmatique. Des perspectives complémentaires sur ce thème seront présentées dans deux ateliers par les participants au programme CAPSA – Lang et des conférenciers invités.